
Le passé nous tient,
Il nous lie arbitrairement.
Il prive son hôte de ses biens,
Lui infligeant d’injustes châtiments.
Tourmentés par les erreurs passées,
Nous n’avançons pas, nous y sommes empêtrés.
Les lianes de l’amertume nous enserrent,
Et de notre peau à nue, s’arrachent nos chairs
Ce mal nous est invisible,
Il s’insinue en nous tel un poison.
Vicieusement il nous prend pour cible,
Nous enlevant tout horizon.
Puis apparaissent certains éléments,
Nous ôtant notre chagrin.
Tous sont prenants et vivants,
Retraçant petit à petit notre chemin.
Cette destinée qui nous est alors tracée,
Nous apparaît tel un délice, une vraie nouveauté.
Ce merveilleux artifice de la vie nous est prodigué,
Chassant le doute, il saborde notre passé.
Brouillant petit à petit notre histoire,
Cette nouvelle chose n’a plus rien d’illusoire.
Nous accompagnant vaillamment chaque soir,
Elle porte le nom bienveillant d’espoir.
Illustration : Marta Dahlig